Cerise

ACTUALITÉ

Comme je l'avais annoncé à la création de ce blog, cet espace vous permez d'en apprendre plus, via diverses fiches, sur les différents produits que vous pouvez trouver sur nos étales, il vous permet également de vous tenir informé sur l'actualité du moment concernant les fruits et légumes, on va donc aujourd'hui faire un point sur la question qui fait débat et polémique chez bon nombre de producteurs de cerises.

A une semaine du début de la campagne de récolte, pourrons nous donc manger des cerises cet été ? Voici donc un complément d'information.

Les producteurs de fruits redoutent une pénurie à cause de l'interdiction d'un puissant pesticide : le diméthoate. Depuis le 1er février, il n'est plus possible d'utiliser cet insecticide dans l'Hexagone. Pour éviter les distorsions de concurrence, la France a déclenché une clause de sauvegarde pour suspendre l'importation de cerises traitées au diméthoate.
Un arrêté, paru au journal officiel ce vendredi 22 avril, précise que la clause prend effet à partir de samedi et se poursuit jusqu'à la fin de l'année. Le ministère de l'Agriculture affirme avoir pris cette mesure pour "protéger les consommateurs et les producteurs".

L'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a mis en évidence la toxicité de cette molécule en février dernier. L'organisme a admis que ce pesticide présentait des "risques inacceptables" pour les consommateurs, les producteurs, les oiseaux et les mammifères. Et qu'il pouvait être à l'origine de troubles neuro-toxiques (tremblements, hypersalivation) ou de cancers.
Fin mars, Stéphane Le Foll a saisi la Commission européenne pour demander l'interdiction immédiate de ce pesticide dans l'ensemble de l'UE. Bruxelles a alors demandé l'avis de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) qui, face à "l'absence de données" sur l'effet de cette molécule sur la santé des consommateurs, n'a pas pris la décision d'interdire le recours au diméthoate.
De son côté, le ministre de l'Agriculture a choisi d'activer cette clause de sauvegarde, fait rare puisque la dernière remonte à 2012. Elle concernait alors l'interdiction de l'insecticide Cruiser, nocif pour les abeilles. L'Espagne et l'Italie ont également pris des mesures pour interdire la commercialisation de fruits traités avec cette molécule.

Les producteurs français de cerises ont exprimé leur colère face à cette interdiction. Selon eux, le diméthoate est le moyen le plus efficace de protéger les cerisiers de l'attaque de la "drosophila suzukii", plus communément appelée mouche asiatique. Les larves de cet insecte peuvent faire des ravages et détruire l'ensemble d'une récolte.
Pour les rassurer, Stéphane Le Foll a reçu les producteurs de cerises mardi. Il a évoqué différentes pistes dont le recours à des pesticides alternatifs (cyantraniliprole ou spinetorum) ou la pose de filets. Mais ces mesures alternatives s'avèrent bien plus onéreuses et moins efficaces que le traitement au diméthoate. En cas de pertes importantes, le ministre a proposé d'indemniser les producteurs.
Avec une production moyenne de 50 000 tonnes de cerises par an, la France se situe à la quatrième place européenne. L'an dernier, d'après les calculs du service de la statistique et de la prospective du ministère de l'Agriculture, la production française de cerises avait reculé de 10% par rapport à l'année 2014 à cause des intempéries du mois de juin. L'année 2016 pourrait être encore plus noire pour les fruits rouges.

Source : L'Obs (article du vendredi 22 avril 2016)